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ville soutient un jumelage décidé il y a vingt ans Il y a près de vingt ans, la ville du Mans signait un jumelage avec Haouza. La cité mancelle devenait la première ville européenne à soutenir la cause du Sahara Occidental. Le référendum avorté récemment sonne comme un retour à la case départ. Mais la mobilisation mancelle ne faiblit pas. C’est une terre rase, pelée, dure comme la pierre, sèche à en « crevasser » …il n’a pas plus là-bas depuis deux ans et demi. Cette terre hostile, c’est le coin de désert du sud algérien qui sert de lieu à l’exil à une partie du peuple sahraoui. A plusieurs milliers de kilomètres des camps de tentes et de petites « chambres », l’association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD) et la ville du Mans se battent ensemble depuis 20 ans pour faire entendre la cause d’un peuple que l’on oublie. « Il y a un an, le travail d’identification était presque terminé. Le corps électoral était à peu près identifié. Plus rien ne semblait pouvoir s’opposer à la tenue d’un référendum, explique Régine Villemont, secrétaire générale de l’AARASD. Et puis les pressions marocaines se sont faites plus fortes … ». Le droit à l’autodétermination accordé en principe aux anciennes colonies semble n’être curieusement pas applicable dans ce cas. « L’ONU a proposé une troisième voie : une autonomie élargie », dont les Sahraouis ne veulent pas. Pas plus que les Marocains d’ailleurs. Les exilés se disent prêts à redonner la parole aux armes … Un jumelage historique Vu du Mans, le référendum avorté, c’est un peu comme un retour à la case départ ; à cette journée de 1982 où Robert Jarry scellait dignement le jumelage avec un préfet sahraoui. La photo, en noir et blanc, circule demains en mains…A l’époque, il y avait tant de chemin à parcourir jusqu’à l’autodétermination. Car, hier, c’était également l’occasion pour l’AARASD de saluer l’action du maire qui quittera prochainement son siège. « Je voulais remercier la ville du Mans pour sa fidélité à la question, a ainsi souligné Mme Villemont. Le jumelage signé avec Le Mans, le premier avec une ville française, compte pour les Sahraouis, parmi les événements les plus importants de ces 25 dernières années ». De son côté, l’association ne baisse pas les bras et poursuit son action, notamment dans le domaine agricole. Si les Sahraouis ont toujours du mal à planter des palmiers, symbole d’enracinement et, d’une certaine manière, de résignation, ils ont tout de même développé leurs cultures et l’élevage. Une ferme où sera élevé un troupeau mère qui produira des animaux d’abattage et permettra de « diffuser » les bêtes, sera prochainement ouverte. Olivier RENAULT
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Collectif d'initiatives pour la connaissance du Sahara occidental - novembre 2000